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Taxe de 20 % sur les holdings patrimoniales : ce qui change

Le Projet de Loi de Finances 2026 introduit une nouvelle taxe ciblant certains actifs des holdings patrimoniales détenues par des personnes physiques. Ce dispositif, à forte portée anti-abus, vise les biens non affectés à une activité professionnelle et marque un tournant dans la lutte contre l’optimisation fiscale.

 


Une mesure choc pour limiter les schémas patrimoniaux complexes

Jusqu’ici, les holdings patrimoniales permettaient de loger certains actifs « personnels » dans des structures juridiques avantageuses. Avec cette réforme, l’administration fiscale change de braquet : le luxe sera désormais fiscalisé s’il est isolé de toute logique opérationnelle. Un yacht, un logement occupé gratuitement ou une collection de vins ne seront plus fiscalement invisibles.

 


Qui est concerné ?

Les sociétés patrimoniales, françaises ou étrangères, sont soumises à cette nouvelle taxe si elles remplissent trois critères cumulatifs à la clôture de l’exercice :

  1. Une valeur d’actifs au moins égale à 5 millions d’euros ;
  2. Une personne physique (ou son cercle familial) détient directement ou indirectement au moins 50 % des droits ou du pouvoir de décision ;
  3. La majorité des revenus sont passifs (intérêts, dividendes, loyers, redevances, etc.).

Lorsque la société est établie à l’étranger, la personne physique doit avoir son domicile fiscal en France pour être redevable de la taxe.

 


Quels actifs seront taxés ?

Le périmètre de la taxe a été restreint à des biens non professionnels considérés comme somptuaires. Il s’agit notamment :

  1. Des véhicules de luxe, bateaux de plaisance, avions privés ;
  2. Des bijoux, chevaux de course ou de concours ;
  3. Des logements dont l’associé se réserve la jouissance, y compris à titre gratuit ou avec un loyer sous-évalué ;
  4. Des stocks de vins ou alcools conservés à des fins privées.

Les actifs affectés à une activité opérationnelle (artisanale, commerciale, agricole, etc.) ne seront pas pris en compte.

 


Comment est calculée la taxe ?

La taxe est assise sur la valeur vénale des actifs détenus à la date de clôture. Pour certains logements, les dettes peuvent être déduites, mais uniquement si elles sont contractées à des conditions normales, hors intra-groupe ou associés directs. Un plafonnement est prévu, notamment lorsque la taxe et l’impôt cumulé excèdent 75 % du revenu mondial net.

 


Déclaration et redevable : une double logique

Pour les sociétés ayant leur siège en France, la société elle-même est redevable et déclare la taxe via l’IS.

Pour les holdings étrangères, la personne physique domiciliée en France est redevable et déclare via sa déclaration IR.

Des dispositifs anti-abus permettent à l’administration de réintégrer certains montages artificiels. La taxe n’est pas déductible et les biens taxés sont exonérés d’IFI.

 


Ce qu’il faut retenir

  1. La taxe entre en vigueur pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026 ;
  2. Elle concerne uniquement des actifs non professionnels de nature « luxueuse » ;
  3. La taxation s’élève à 20 % de la valeur vénale des biens visés ;
  4. Les holdings françaises ou étrangères sont concernées selon la résidence fiscale de l’associé ;
  5. Des dispositifs de plafonnement et de lutte contre l’abus de droit sont prévus.